| Dossier:
La
météo des zones traversées pendant notre voyage... La traversée de
l'Atlantique, sur la route du retour:
Nous avons traversé deux fois dans ce sens là, vers les
Açores:
La première fois, en juin 1992 en partant de Floride et en nous arrêtant aux
Bermudes. Nous avons mis huit jours de Cap Canaveral à Saint George et 18 jours
des Bermudes aux Açores.
La deuxième fois, en mai 1997, Banik est rentré
d'une traite de 25 jours (un jour de moins qu'en 1992), de Bimini aux Bahamas (à
50 M de la Floride) jusqu'aux Açores.
La deuxième fois nous a paru plus facile bien que nous
soyons un mois plus tôt en saison... Question de chance. Mai et juin sont de
toutes les façons les mois préférables pour entreprendre cette route.
Plus tôt
en saison, on est pas encore vraiment sorti des grosses dépressions d'hiver sur
l'Atlantique Nord.
Plus tard, il y a le risque de se faire rattraper par les
effets d'un cyclone qui peuvent remonter très haut et revenir sur l'océan
vers le NE en suivant le Gulf stream qui est un courant marin chaud.
Quelle
route suivre?
La stratégie pour choisir la route du retour n'est pas si
simple: Il faut bien entendu
remonter vers le Nord pour trouver le régime des vents dominants d'W. Mais il
faut se placer le plus au Sud possible des perturbations d'W pour ne pas trop en
subir les effets.
Si on remonte trop haut, on ressent les phénomènes dépressionnaires
au maximum de leurs forces. Si on descend trop bas on s'enlise dans
l'anticyclone ou pire, on attrape un alizé dans le nez.
Le problème c'est que
les perturbations se déplacent au
moins trois fois plus vite que nous. Il faut donc prévoir le plus loin possible
leur direction et leur intensité pour avoir le temps de réagir :
Il faut donc suivre de près la météo.
En 1992 nous avons quitté les Bermudes en compagnie de 7
autres voiliers. Cela faisait quelques jours que l'on attendait tous une
bonne météo. La veille du départ,
certains comparaient leurs stratégies:
3 skippers décident de partir
rapidement vers le Nord. Ils visent le point théorique de 40° N et 55° W
avec la certitude de toucher ensuite des vents établis de secteur W et un
courant favorable.
2 voiliers décident de faire du plein Est le plus longtemps
possible: c'est la route Sud.
Quand à nous, fidèle au dicton qui dit que le
plus court chemin c'est la ligne droite, nous mettons le cap directement sur les
Açores. Cela nous fera monter
tranquillement de la latitude 32° à la latitude 38°. En fait nous avons
navigué une bonne partie du temps sous le 35° N pour remonter plutôt sur la
fin. Il faut dire que nous avions été refroidis dès le début:
En effet, quelques jours après le départ, une belle dépression
nous rattrape et nous oblige à reculer en restant à la cape toute une nuit par
45 nuds de vent. Un peu plus au Nord, les trois voiliers partis dans cette
direction dégustent sérieusement...
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Comme Florence Arthaud qui vient de chavirer dans la
transat anglaise laissant la victoire à Loïc Peyron (ils naviguent en course,
en même temps et sur le même océan que nous mais dans le sens inverse, les pauvres !). Arrivés
aux Açores, nous avons rencontré des équipages de la route Sud : Ils n'ont pas
été gênés et sont même assez fiers d'être arrivés avant nous.
Cette
année là, l'option Sud était la bonne.
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En 1997, Nous
sommes passés 100 milles au dessus des Bermudes, sans nous arrêter. Nous avons
rejoint assez vite une latitude proche du 38° N que nous avons suivi ensuite.
Les conditions météos ont été nettement plus agréables qu'en 1992. Pas de
perturbations fortes.
Nous avons été quasiment à la même vitesse en naviguant presque 200 milles
plus au Nord
Conclusion:
Je ne pense pas qu'il y ait une route optimale tracée sur la
carte. La route optimale, pour moi, est celle qui me pousse au portant, par un
vent maniable, sans être obligé de trop manuvrer, sans être angoissé par
la chute trop rapide du baromètre...
Rappel
1: En hémisphère Nord, le vent tourne dans le sens inverse des
aiguilles d'une montre dans les dépressions. Il faut donc se placer sous
le centre de la dépression pour avoir du vent portant.
Rappel
2 : Plus
on est proche du centre, plus ça souffle. Il faut donc naviguer dans une zone suffisamment éloignée
du passage des centres des dépressions.
Stratégie
: Il ne faut
pas hésiter à descendre vers le SE ( pour s'éloigner du centre) quand il y a une
dépression qui s'approche, puis on
remonte au NE (pour reprendre la route normale) quand elle est passée...
Il ne faut pas s'obnubiler à faire une
route directe... Peu importe, sur une traversée océanique de naviguer un jour
ou deux à 45° du cap théorique.
Si on est pris dans une dépression on
serre les dents et elle passe en général en
36 à 48 heures, on peut alors reprendre sa route normalement. S'il est
trop dur de naviguer, pensez à prendre la cape... C'est très reposant.
Attention, on peut se faire prendre dans l'anticyclone des Açores
à l'approche de cet archipel. On peut y rester encalminé durant plus d'une
semaine. Le seul recours est alors le moteur. Il faut donc faire le plein de
gasoil au départ.
Cette menace est valable quelque soit la route que l'on
prend. En effet, en été l'anticyclone a plutôt tendance à remonter vers le
Nord......
| Extrait d'un fax météo capté en
BLU et que l'on ausculte avec application pour repérer les
dépressions, analyser leur force et leur direction...
Oups ! |
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Il
faut un peu de chance pour réussir
un long voyage. Mais il faut laisser la plus petite part possible à la
chance.
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