Le don d'organes après sa mort:

Notre "aventure santé" nous a obligé à nous intéresser aux dons d'organes. Avant cela nous étions, comme beaucoup de monde, au courant que cela se pratique mais sans vraiment connaître les tenants et les aboutissants.
Maintenant on ne peut plus se dire "Ça n'arrive qu'aux autres". On est en plein dedans et, naturellement, nous souhaitons participer modestement à la diffusion d'un peu d'information sur le sujet (1).

Le site de Banik ça peut aussi servir à ça.

 

Il y a un nombre croissant de malades en attente de greffe.

La greffe d'organe, c'est le remplacement d'un organe défaillant par un organe sain, appelé greffon.
En France, en 2006, 12 450 personnes ont eu besoin d'une greffe d'organe pour continuer à vivre ou pour mieux vivre. Ce nombre augmente chaque année du fait de l'allongement de la durée de la vie. Cette même année, seulement 4 428 greffes ont été pratiquées, soit un tiers du besoin,  239 personnes sont décédées faute de greffon.
 

Il y a un manque important de greffons...

Et seulement deux sources pour en obtenir: Les personnes décédées et les donneurs vivants.
Nous traitons le sujet des donneurs vivants sur une autre page.

Le prélèvement sur personnes décédées :
Il y a près de 520 000 décès en France chaque année. Mais le prélèvement n'est possible que dans des conditions exceptionnelles, ce qui le rend rare. La personne doit être dans un état de mort encéphalique (2) dans un service de réanimation.
En 2006, 3067 personnes ont été recensées en état de mort encéphalique mais seulement 1442 ont été prélevée. pourquoi? Principalement parce que leurs proches ne savaient pas si la personne décédée était consentante au don de ses organes.

Que dit la loi française en terme de prélèvement sur une personne décédée?
Les trois grands principes de la loi de bioéthique sont le consentement, la gratuité du don, et l'anonymat entre le donneur et le receveur.

  • Principe du consentement présumé: Après sa mort, toute personne est considérée consentante au don d'élément de son corps en vue de greffe si elle n'a pas manifesté d'opposition de son vivant. En cas de décès, soit on trouvera sur la personne la carte de donneur et la chose est entendue, soit le médecin demandera aux proches si le défunt était opposé au don d'organe. I
  • Gratuité : Le don d'organe est un acte de générosité et de solidarité entièrement gratuit.
  • Anonymat : Le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur et réciproquement. La famille du donneur peut cependant être informée du résultats des greffes si elle le demande.

  Ce qu'il faut retenir : Si on est capable d'envisager sa propre mort et de réfléchir au don d'organes

  • Le plus simple est d'avoir sur soi la carte de donneur d'organes rangée avec les papiers d'identité. Il suffit de la demander à l'Agence de Biomédecine dont les coordonnées sont ci dessous (3). On reçoit une carte vierge et on y met son nom... C'est facile.
  • Si vous ne faites pas la démarche de demander la carte, il est cependant important que vous preniez position sur le don de vos organes et de dire votre choix à votre entourage. Sinon comment vos proches peuvent-ils répondre au médecin leur demandant si vous étiez opposé au don en étant sur de faire ce que vous auriez souhaité ?
  • Si on avait l'autorisation des familles de prélever sur toutes les personnes en état de mort encéphalique on solutionnerait pratiquement tout les besoins de greffons.
  • Pour en savoir plus, consultez le site www.ledonlagreffeetmoi.com 

Que l'on soit d'accord ou non pour donner nos organes, ce choix doit être connu de nos proches pour qu'ils puissent témoigner sereinement, au cas ou. Et n'oublions pas que le don d'organes peut sauver des vies. Un seul donneur peut sauver plusieurs vie (coeur, poumons, foi, reins, pancréas...)

La famille dans la douleur peut hésiter à laisser faire des prélèvements sur le corps du défunt. Souvent par méconnaissance des pratiques.

  • Il faut savoir que le prélèvement est un acte chirurgical effectué au bloc opératoire avec toutes les précautions habituelles. Les organes sont précieux, ils seront greffés sur une autre personne, ils sont donc prélevés par des professionnels. Toute incision pratiquée est refermée et recouverte d'un pansement. Le corps du défunt est traité avec respect et attention. La toilette mortuaire est effectuée par le personnel hospitalier qui habille le défunt avec ses effets personnels avant de le rendre à la famille pour qu'elle puisse organiser les obsèques selon ses souhaits ou ceux du défunt.
  • Cette chirurgie et ces soins sur la personne décédée n'entraînent aucun frais à  la famille.
  • La plupart des religions disent leur assentiment pour le don d'organes dès lors qu'il s'agit de sauver une vie en péril.

 

Et pour dire les choses plus crûment: (Là c'est nous qui parlons)

Le principe du consentement présumé est un réel progrès dans la loi française mais ce n'est pas assez bien compris par les gens. Lisez bien ce qui suit:

Après sa mort, toute personne est considérée consentante au don d'élément de son corps en vue de greffe si elle n'a pas manifesté d'opposition de son vivant. Il y a un fichier central qui sert à ça.
Dans les faits voici comment ca se passe.
Le chirurgien qui est susceptible de prélever des organes consulte obligatoirement le fichier central des refus. Si la personne ne s'y est pas inscrite, ce n'est pas pour autant qu'on la considère consentante (c'est ça la difficulté). Soit on trouvera sur la personne la carte de donneur et la chose est entendue, soit le médecin demandera aux proches si le défunt était opposé au don d'organe.  Et si le défunt n'a pas clairement exprimé son opinion de son vivant, alors la famille, dans la douleur, a le réflexe de dire non... Même si elle regrette dans les jours qui suivent... Mais il est alors trop tard.
Alors parlez en aujourd'hui, juste après avoir lu cet article. Dites clairement, maintenant,  à votre entourage si vous êtes favorable au prélèvement de vos organes dans le cas ou vous vous trouvez un jour en état de mort encéphalique... ce qui survient à seulement 0,6% de la population. Ça n'a donc que très peu de possibilité de vous arriver, en plus.

Cet engagement qui n'aura probablement statistiquement pas de suite en ce qui vous concerne, pourrait résoudre le problème du manque de greffon si tout le monde le faisait.

Nous rappelons que le prélèvement est un acte chirurgical réalisé avec soin dans un bloc opératoire. Ce n'est pas le pompier qui le fait avec son canif sur le bord de la route. Le corps est rendu à la famille avec des pansements sans aucune trace apparente.

La famille du défunt qui est questionnée par le chirurgien avant le prélèvement ne doit pas exprimer sa propre opinion. On ne lui demande pas : Est ce que vous êtes d'accord pour le prélèvement? On lui demande est ce que le défunt était d'accord?  La famille n'a pas le droit de trahir la pensée de l'être cher qui vient de partir... Même si elle est tentée de le faire.

Chacun est libre de refuser qu'on prélève des organes sur soi en cas de mort encéphalique. Il y a un fichier national confidentiel pour exprimer ce refus.
Nous imaginons bien que les médecins, avec leur grande humanité, que les gardiens de la bio-éthique et de la morale ne consultent pas ce fichier pour savoir si un malade à qui il est nécessaire de greffer un organe s'était un jour inscrit sur ce fichier.
Même si on refuse l'idée de donner un organe après sa mort, on a la certitude de pouvoir en recevoir un de son vivant en cas de nécessité... S'il y en a un de disponible...


Faire le don de ses organes c'est permettre à des personnes qui vont mourir de reprendre leur envol vers la vie.

 

Les notices:

(1)    Source des informations et texte inspiré par les guides de l'agence de biomédecine...
Sauf dans le paragraphe intitulé "Et pour dire les choses plus crûment".
 

(2)    Qu'est ce que la mort encéphalique?
Suite à un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme crânien, le cerveau peut-être irrémédiablement détruit. C'est la mort encéphalique. Lorsque cela se produit à l'hôpital, il est possible de maintenir artificiellement l'activité cardiaque et la respiration pour préserver les organes et permettre le prélèvement, puis la greffe. Mais ce maintien ne peut durer que quelques heures. Juste le temps de contacter un membre de la famille pour savoir si la personnes décédée ne s'est pas opposé au prélèvement de ses organes.
 

(3)    Agence de Biomédecine
L'agence de Biomédecine qui a repris en 2005 les missions de l'Établissement français des greffes est un établissement public national de l'état créé par la loi de bioéthique du 6 août 2004. Elle exerce ses missions dans les domaines du prélèvement et de la greffe d'organes, de tissus et de cellules, ainsi que de la procréation, de l'embryologie et de la génétique humaine.
Pour avoir sur soi la carte de donneur d'organes rangée avec les papiers d'identité. Il suffit de la demander à l'Agence de Biomédecine dont les coordonnées sont ci dessous. On reçoit une carte vierge et on y inscrit soi même son nom... C'est facile.

Agence de Biomédecine
1, rue du Stade de France
93212  Saint Denis La Plaine CEDEX
tel 01 55 93 65 50  
Fax 01 55 93 65 55
 

(4)    La loi fixe précisément les conditions du don du vivant:
Le donneur vivant doit être une personne majeure. Il peut-être le père ou la mère du receveur, il peut aussi être son conjoint, son frère ou sa soeur, son fils ou sa fille, un grand parent, son oncle ou sa tante, son cousin germain ou sa cousine germaine, le conjoint de son père ou de sa mère et toute personne apportant la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans avec le receveur.

 

Les organes prélevés sur une personne vivante.

Nous traitons le sujet des donneurs vivants sur une autre page.

 

 

 

Pour vous rendre sur le site :  www.banik.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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